La sentence

 

 

La sentence

 

 

 

 

"Parce que la sentence contre les mauvaises œuvres ne s'exécute pas incontinent, à cause de cela le cœur de l'homme est rempli au-dedans de lui d'envie de mal faire" (Ecclésiaste 8.11)

 

 

IL y a une sentence contre tes mauvaises œuvres ! Cette sentence est écrite dans le cœur de tout homme, et le païen même qui n'a pas la Loi, a une conscience qui lui en rend témoignage, en ce que ses diverses pensées l'accusent ou le défendent. (Rom 2.15)

 

Cette sentence contre les mauvaises œuvres est même écrite dans la conscience de l'incrédule qui ne se moque d'une autre vie et de l'enfer que parce qu'il en a peur.

 

L'homme tient trop à l'existence, pour qu'il aimât à se persuader que tout finit pour lui à la mort, si une terreur dont il ne se rend pas compte ne le portait à désirer l'anéantissement, pour se débarrasser des craintes qui le poursuivent. Cette parole de l'impie : "après la mort tout est mort", est une parole tellement contre nature, qu'on ne peut l'expliquer qu'en la regardant comme la dernière ressource d'une âme qui tremble devant la sentence prononcée contre les mauvaises œuvres. Oui, sous le rire moqueur de l'impiété se cache un cœur mal à l'aise qui cherche à se débarrasser des frayeurs qui l'agitent.

 

Nous ne craignons pas d'en appeler à l'incrédule lui-même, et de lui dire :

 

N'avez-vous jamais tremblé en entendant gronder le tonnerre ? L'idée d'être frappé d'un coup de foudre ou d'un coup d'apoplexie ne vous a-t-elle jamais effrayé ? L'approche de la mortalité qui se promène autour de vous ne vous a-t-elle jamais causé d'alarmes ?

 

D'ailleurs, si vous regardiez véritablement ce qu'on dit de l'enfer et de la vie à venir comme des fables, vous ne vous irriteriez pas autant que vous le faites contre ceux qui croient à ces vérités et qui les prêchent. Vous irritez-vous de même contre les fables superstitieuses des païens ou contre tant de fables et d'absurdités qui circulent dans le monde ? Ce qu'on regarde vraiment comme une fable excite la pitié et non l'irritation.

 

Ce qui irrite, c'est ce qu'on sent en dépit de soi-même être une vérité qui nous condamne. Vous rendez aussi témoignage à cette sentence contre les mauvaises œuvres, vous, hommes légers, qui, sans rien nier ni rien affirmer, dites : "Je ne m'en occupe pas".

 

Vous aussi, vous avez en vous-mêmes une conscience que vous craignez d'écouter, et voilà pourquoi sans cesse il vous faut quelque chose pour vous distraire et vous sortir de vous-mêmes. Voilà pourquoi vous ne pouvez souffrir le calme, la solitude, la réflexion, et les idées sérieuses. Vous sentir en face de vous-mêmes vous est insupportable, et en rencontrant votre conscience vous diriez volontiers: M'as-tu trouvé, mon ennemi ? (1 Rois 11.20)

 

Vous rendez aussi témoignage à la sentence prononcée contre les mauvaises œuvres, vous tous qui, professant de croire à une vie à venir, vous flattez plus ou moins d'espérances de bonheur dans un autre monde. Que vous cherchiez ces espérances dans la philosophie, ou dans la probité humaine, ou dans vos aumônes, ou dans votre patience à supporter les maux, ou enfin dans l'accomplissement des devoirs extérieurs de la religion, peu importe, vous rendez tous témoignage à cette vérité, que le mal doit être puni après cette vie, et qu'il y a une sentence contre les mauvaises œuvres, puisque vous cherchez à y échapper.

 

Bien plus, tout autant que vous êtes qui cherchez une paix hors du sang de Christ, vous témoignez tous que la sentence contre les mauvaises œuvres pèse encore sur votre cœur, puisque c'est pour vous un article de foi "de n'être pas sûr de son salut", c'est-à-dire de n'espérer qu'avec méfiance. Or, quelle est cette sentence prononcée contre les mauvaises œuvres, à laquelle la conscience de tout homme rend témoignage ?

 

La voici telle qu'elle est sortie de la bouche de Dieu lui-même :

 

– Les gages du péché c'est la mort.
– Maudit est celui qui ne persévère pas dans toutes les paroles qui sont écrites au livre de la Loi pour les faire.
– Maudits ! retirez-vous de moi et allez au feu éternel préparé au Diable et à ses anges.
– Il y aura affliction et angoisse sur toute âme d'homme qui fait le mal.
– Quant aux timides, aux incrédules, aux exécrables, aux meurtriers, aux fornicateurs, aux empoisonneurs, aux idolâtres, et à tous les menteurs, leur part est dans l'étang ardent de feu et de souffre, ce qui est la mort seconde. (Rom. 6.23 - Gal. 3.10 - Mat 11.41 - Rom. 2.9 - Apoc. 21.8)

 

Remarquez que celui qui a prononcé cette sentence ! C'est Celui qui est aussi le Juge des vivants et des morts, et qui a le pouvoir d’exécuter ce que sa bouche a prononcé. On peut, pendant qu'on est sur cette terre, le braver en apparence impunément, mais tôt ou tard, à son ordre, il faudra comparaître !

 

Une maladie, un accident, une épidémie, voilà le messager qui au commandement du Très-Haut, viendra te chercher un jour, orgueilleux mortel qui lèves ta main contre le Tout-Puissant pendant que tu crois pouvoir lui échapper. Alors, il faudra absolument partir et comparaître, parce que l'Éternel aura dit : "... Fils des hommes retournez !" (Ps 90.3)

 

Alors ton orgueil sera abaissé dans la poussière, ta bouche qui parlait légèrement du Très-Haut se taira dans le silence, tu seras jeté dans le sépulcre pour y devenir la pâture des vers, et ton âme sera appelée devant le tribunal de Celui qui dit : Je fais mourir et je fais vivre, et nul ne peut se délivrer de ma main.

 

Cependant la sentence prononcée contre tes mauvaises œuvres n'a pas encore été mise en exécution.

 

Depuis longtemps, Celui qui aurait pu l'exécuter patiente, t'adresse de sérieux appels par la voix de sa Parole et par celle de ta conscience. Mais loin de profiter de ce délai de Dieu qui attend pour te faire grâce, ton cœur a été rempli au-dedans de toi d'envie de mal faire, et tu as vérifié cette parole de l'Écriture : Est-il fait grâce au méchant ? Il n'en apprend point la justice, mais il agit méchamment, et il ne regarde point à la majesté de l'Éternel. (Es 26. 10) Tu as dit avec le méchant serviteur : Mon Maître ne viendra pas de sitôt, et comme lui, tu t'es mis à te disputer avec tes compagnons de service, à manger, à boire, et à t'enivrer. (Luc 12.45) Tu as parlé comme les moqueurs qui se conduisent selon leurs propres convoitises, et qui disent : Où est la promesse de son avènement ? Car depuis que nos pères sont morts, toutes choses demeurent dans le même état où elles étaient au commencement de la création. (2 Pierre 3.4)

 

Eh bien ! Dieu n'est pas encore las de te supporter ! Il t'accorde encore la vie, à toi créature ingrate, sur qui sa patience n'a produit jusqu'à présent d'autre effet que de t'endurcir et de t'enfoncer de plus en plus dans le péché. Il t'accorde encore la vie, à toi créature insensée, qui lutte avec le Tout-Puissant comme si tu étais plus fort que lui, et qui dis dans ta folie : Que le Conseil du Saint d'Israël s'avance et nous saurons ce que c'est ! Au lieu de t'écraser dans son courroux, le Dieu que tu outrages use encore de patience envers toi. Tu braves ses menaces, et il te les répète, pour t'engager à fuir la colère à venir. Tu te moques de ceux qui t'invitent de sa part à te convertir, et Dieu t'adresse encore aujourd'hui ces paroles :

 

Enfant rebelle, convertis-toi, et je remédierai à tes rebellions ! Tu méprises ouvertement, ou dans ton cœur, le grand salut qui est en Jésus, et Dieu t'invite encore aujourd'hui à croire en son Fils pour avoir la vie, et il te déclare, que, si tu écoutes ses paroles, et si tu crois à Celui qui t'a envoyé, tu ne seras point sujet à la condamnation, mais que tu es passé de la mort à la vie. (Jean 5.24) C'est encore aujourd'hui pour toi le temps favorable, le jour du salut. (2 Corinthiens 6.2)


Le perdras-tu encore ce jour du salut ? Mépriseras-tu cet appel de la miséricorde de Dieu, qui peut-être sera le dernier qu'il adressera à ton âme ? Si dans cet instant tu sentais, à n'en pouvoir douter, que ton existence terrestre prend fin et que la mort est là, si tu étais forcé de te dire : "Encore quelques minutes et je suis dans l'éternité !" Si en même temps tu sentais avec angoisse que ton âme n'est point prête à paraître devant Dieu, et que tu t'écris : "Oh ! qui me donnerait encore un jour, un seul jour, du temps de la miséricorde ?"

 

Si ton souhait était accompli, s'il t'était accordé de passer encore un jour sur la terre, de retrouver encore un de ces jours de la longue patience de Dieu dont tu as si criminellement abusé :

 

– Avec quel transport de reconnaissance ne recevrais-tu pas cette faveur !
– Avec quelle ardeur ne saisirais-tu pas les promesses de grâce faites en Christ !
– Avec quel soin ne profiterais-tu pas de tous les instants de ce seul jour qui te serait accordé !
– Combien ne te trouverais-tu pas heureux de pouvoir lire la Parole de Dieu en te disant : "Les promesses de grâce qu'elle contient, sont encore pour moi", de pouvoir profiter du privilège de la prière en te disant : "Il est encore vrai pour moi que celui qui demande reçoit que celui qui cherche trouve, et que l’on ouvre à celui qui frappe !"

 

Eh bien ! Pécheur non converti, à qui mes paroles s'adressent en ce moment de la part de ton Juge qui a pitié de toi, tu as encore à ta disposition un de ce  jours de la miséricorde de Dieu, qu'en vain il voudrait retrouver ceux qui en ont abusé jusqu'à la fin, et qui recueillent maintenant ce qu'ils ont semé.

 

Eux, ils sont dans les tourments, et ils n'en peuvent sortir ! Et toi, tu vis encore, toi, tu n'es pas encore dans une éternité de malheur ! L'Évangile de la grâce de Dieu retentit encore à tes oreilles, Dieu te dit encore que sa longue patience est pour ton salut, qu'il ne veut point ta mort mais ta conversion et ta vie : Et il te crie d'une voix forte et compatissante :

 

Convertis-toi donc afin que tu vives (Ezéchiel 18.32)
Regarde vers moi et sois sauvé (Ésaïe 50.22)
Reviens à moi, car je pardonne abondamment (Ésaïe 55.7)
J'ai envoyé mon Fils au monde afin que le monde soit sauvé par lui (Jean 3.17)
Ma volonté est : Que quiconque contemple le Fils et croit en Lui ait la vie éternelle (Jean 6.40)

 

Au lieu de tressaillir de joie et de reconnaissance à l'ouïe des gracieuses invitations de ce Dieu qui toujours repoussé ne s'est jamais laissé rebuter par ton opiniâtre et orgueilleuse résistance, tu endurcis encore aujourd'hui ton coeur pour ne pas écouter la voix de l'Eternel. Si parce que l'enfer ne t'a pas encore englouti dans ses gouffres, ton cœur est rempli au-dedans de toi l'envie de mal faire, et que tu dises : Quoi qu'il en soit je suivrai mes pensées, et je ferai selon la dureté de mon cœur mauvais (Jérémie 18.12) alors, en pleurant sur ton âme il ne me reste plus qu'à t'adresser ces dernières paroles d'exhortation, sorties de la bouche de Dieu lui-même :

 

Méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de son long support, ne considérant pas que Dieu t'invite à la repentance, et que par ton cœur endurci et sans repentance tu t'amasses la colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu? (Rom 2.4)

 

Cependant, quoique le pécheur fasse cent fois le mal et qu’il y persévère longtemps, je sais aussi que le bonheur est pour ceux qui craignent Dieu, parce qu’ils ont de la crainte devant lui ... (Ecclésiaste 8.12)
Malik Askane  - ACO

 

 
Pour écrire au responsable d 'A.C.O, veuillez svp cliquer sur l'enveloppe - Merci 
 

                               

 

Retour page 'Accueil

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :