La grâce de Dieu

Publié par A Coeur Ouvert

Il ne nous suffit pas de dire à quelque esprit découragé. "C'est votre incrédulité qui fait votre malheur, croyez seulement, et tout ira bien". Cela est vrai mais ce n'est cependant qu'une vérité générale qui, dans bien des cas particuliers, peut être inutile, faute de savoir l'appliquer. On risque de croire alors que la foi est quelque grande oeuvre à faire, à laquelle il faut travailler de toute sa force, en demandant à Dieu la force de l'accomplir, et que l'incrédulité est un principe mauvais qui doit être déraciné avant que l'Évangile puisse être utile.

Mais quel est le sens réel de cette foi et de cette incrédulité ? Dans toute incrédulité, il y a deux éléments : La bonne opinion de soi, et un jugement erroné sur Dieu. Aussi longtemps que ces deux sentiments subsistent, il est impossible de trouver la paix. La bonne opinion de soi fait croire au pécheur qu'il peut très-bien gagner la faveur de Dieu par ses propres efforts religieux, et la fausse idée qu'il se fait de Dieu l'empêche de s'en remettre entièrement à Lui. Le but de l'oeuvre du Saint-Esprit, lorsqu'il convainc l'homme de péché, est de le faire changer d'opinion sur lui-même, de le réduire à se voir comme Dieu le voit, et de lui arracher toute illusion de propre justice. Après quoi le Saint-Esprit redresse aussi l'idée qu'il se fait de Dieu, afin de lui faire voir que ce Dieu est vraiment le Dieu de toute grâce.

Cet homme cependant, qui cherche le salut, nie qu'il ait cette bonne opinion de lui-même, et s'avoue pécheur. Il est aisé de le dire, mais le savoir réellement, c'est autre chose. D'ailleurs, il peut être disposé à prendre ce titre de pécheur en commun avec tous les hommes, sans se croire cependant un pécheur au sens de Dieu Lui-même, un pécheur tel qu'il lui faut un Sauveur tout entier, un pécheur auquel il faut la croix, le sang et la justice du Fils de Dieu. Il en faut beaucoup pour détruire la bonne opinion qu'un homme petit avoir de lui-même, sa confiance qu'il perd en ses oeuvres, il la conserve encore dans les sentiments de son coeur, puis, dans ses devoirs religieux, et il espère encore par ses actes, ses sentiments et ses prières, s'assurer la faveur de Dieu.

Si l'homme se voyait comme Dieu le voit, il ne songerait pas plus à recourir à de tels moyens de salut qu'à escalader un rocher à pic. Mais qu'il est difficile de l'amener là ! Il ne faut pour cela rien moins que la toute puissance de l'Esprit divin.

Cependant, le pécheur déclare n'avoir pas une fausse idée de Dieu. Mais se fait-il de Dieu l'idée que la Bible nous en donne et que la croix nous révèle ? Éprouve-t-il une sécurité absolue en remettant son âme entre ses mains miséricordieuses, et en la lui donnant à garder éternellement ? Certes, la connaissance de Dieu que donne la croix devrait dissiper tous les doutes et donner horreur d'une méfiance qui n'est qu'une injure à sa miséricorde.

L'incrédulité consiste donc à la fois à croire un mensonge et à rejeter une vérité. Elle efface de la croix le nom d'un Dieu de grâce pour y inscrire celui d'un Dieu inconnu, incapable de donner la paix au pécheur et le repos à ceux qui sont fatigués et chargés.

Acceptez donc le caractère de Dieu tel que vous le présente l'Évangile, lisez ce Nom béni tel qu'il est inscrit sur la croix et croyez les bonnes nouvelles de paix qu'il apporté aux pécheurs. N'en est-ce point assez ? Si ce que Dieu vous fait connaître de Lui-même ne suffit pas à calmer vos terreurs, rien d'autre au monde n'y réussira. C'est par la connaissance du vrai Dieu que le Saint-Esprit donne la paix. C'est l'amour du vrai Dieu qu'Il répand dans le coeur. La substance même de l'Évangile, c'est le nom de Jéhovah révélé en Jésus-Christ et par Lui, en qui nous avons "la vie, le mouvement et l'être", le "Dieu juste et Sauveur" (Es. 45-21), qui justifie le pécheur.

Esprit inquiet, regardez à la croix, et voyez-y ces deux choses, ceux qui crucifient et Celui qui est crucifié. Ceux qui crucifient, ce sont ceux qui haïssent Dieu et son Fils. C'est vous-même. Apprenez à vous voir en eux, et cessez de chercher en vous-même aucune paix. Voyez aussi le crucifié : C'est Dieu Lui-même, l'amour incarné. C'est Celui qui vous a faits, Dieu manifesté en chair, souffrant et mourant pour les impies. Pouvez-vous douter de sa grâce ? Pouvez-vous demander plus, pour éveiller en vous la confiance la plus absolue, la plus illimitée ? Et chercherez vous à diminuer cette agonie et cette mort en disant qu'elles ne sont pas l'expression de la grâce, ou que cette grâce n'est pas faite pour vous ? Rappelez-vous ce qui est écrit : "Nous avons connu ce que c'est que l'amour, en ce qu'Il a mis sa vie pour nous". (1 Jean 3.16) "C'est en ceci que consiste cet amour, que ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu les premiers, mais que c'est Lui qui nous a aimés, et qui a envoyé son Fils pour faire la propitiation de nos péchés". (1 Jean 4-10)
Martin Arbadel - ACO - Janvier 22

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