Que ma bouche témoigne de ton amour

Publié par A Coeur Ouvert

Lire Evangile de Luc 2.21-52

Les goûts d’un homme se révèlent à son langage, et il est aussi pénible de se taire sur les objets qu’on affectionne, que de parler de ceux qu’on aime pas. Voyez Anne, la prophétesse, qui a pour le Seigneur un amour tel qu’elle passe dans le temple ses jours et ses nuits en prières, de qui parle-t-elle ? De Jésus. Et à qui ? A tous ceux qui, dans Jérusalem, attendent la délivrance. Une pauvre veuve vient-elle au temple se plaindre de ses infirmités ? Anne lui parle de Jésus qui vient de naître. Un péager y monte-t-il se frappant la poitrine et disant : je suis un pécheur ? Anne l’entretient du Christ le sauveur, à l’aveugle qui demande l’aumône, à la mère qui pleure son enfant, à l’Israélite qui use sa vie dans les jeûnes, à tous ceux qui cherchent une délivrance quelconque, la prophétesse annonce toujours Jésus. C’est pour elle un besoin, elle se sent délivrée par Lui, et veut faire partager aux autres le soulagement qu’elle éprouve. Quand elle est seule, elle pense à Lui, dès qu’un Israélite s’approche, sa bouche s’ouvre, et coulent de ses lèvres les pensées qui jaillissent de son cœur.

Est-ce là ce que nous faisons nous-mêmes ? Allons-nous chercher des hommes pour répandre devant eux nos sentiments de gratitude envers le Seigneur ? En parlons-nous seulement à ceux qui s'approchent de nous ? Ou même les faisons nous connaître à ceux d’entre eux qui soupirent après une délivrance inconnue ? Non. Nous acceptons bien Christ comme notre libérateur, nous voulons bien croire en Lui et vivre en Lui, mais en parler aux autres, nous semble la tâche d’un pasteur, et si nous la prenons un instant nous-mêmes, c’est en de bien rares exceptions.

Que faut-il en conclure ? Hélas ! que nous aimons bien peu Celui dont nous ne parlons pas. Si le cœur était vivement touché, il ne pourrait se taire, nous ne demanderions pas si c’est ou n’est pas notre affaire. Nous nous inquiéterions peu d’être capables, ou d’être favorablement écoutés. Voyez les hommes passionnés par leurs plaisirs ou leur profession : Il faut qu’ils en entretiennent qui veut et qui ne veut pas les entendre, qu’on les écoute de bonne grâce, ou avec contrainte, ils continuent toujours, ils seraient seuls qu’ils parleraient encore ! Pourquoi ? Simplement parce que leur cœur en est plein, il faut qu’ils se soulagent. Oui, de l’abondance du cœur la bouche parle, si donc nous ne parlons presque jamais de Jésus aux hommes, c’est simplement que nous ne L’aimons presque pas.

Dirons-nous que les nécessités de la vie nous pressent de toutes parts, et que nous avons autre chose à dire et à faire qu’à causer de Jésus à nos frères ? Vaine défaite ! Si nous aimions, nous trouverions du temps pour tout. Sans négliger nos occupations terrestres, nous serions ingénieux pour en remplir de plus hautes, à nos conversations futiles, nous substituerions des paroles sérieuses, à une aumône d’argent, nous joindrions une parole de foi, à un voisin, nous donnerions une Bible, à un passant, un traité, à un ami, avec des conseils, lucratifs, des avis chrétiens. Le nom et la pensée de Christ viendraient se mêler à toutes nos relations de société, sans nous prendre de temps, et notre tâche matérielle avancerait de front avec notre tâche évangélique. Ne cherchons donc pas à nous justifier, avouons plutôt que nous n’aimons pas assez le Sauveur, que nous ne sentons pas assez le prix de Son salut, et que dès lors, peu reconnaissants, nous éprouvons peu le besoin d’exprimer notre amour et notre reconnaissance.

Convenons d’abord de cette vérité, ce sera le premier pas vers une meilleure direction à donner à notre vie. Après cet aveu, prenons une résolution : Celle de parler plus souvent à l’avenir de ce Jésus qui apporte la délivrance à toutes les infortunes, et pour que cette résolution ne soit pas vaine, demandons au Seigneur dès à présent de la bénir.
Marc P. - ACO - juillet 22

                                                               

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