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Publié le par Le Ministère A Coeur Ouvert

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ᥲყᥲᥒt ᥙᥒ Ꙇɩᥱᥒ ᥲʋᥱᥴ Ꙇᥲ BɩᑲꙆᥱ
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Merci à Lionel (Pau) pour les dix suivantes :

61)- On reconnaît l’arbre à ses fruits (Luc 6.43-45)
C’est-à-dire qu’une bonne action ne peut qu’être le fruit d’une intention qui est elle-même bonne. Ou qu’à l’inverse, si une œuvre est mauvaise, c’est qu’elle est le résultat d’une conscience immorale. Dans l’évangile, Jésus lie intimement la volonté et l’acte qu’elle produit : "Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri, jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : "On ne cueille pas des figues sur des épines, on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon, et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais".

62)- Regarder par le Judas (Marc 14.43)
Judas, c’est cet ami de Jésus, l’un des douze apôtres dont il s’est entouré, et qui pourtant finit par le trahir et le livrer aux autorités juives. C’est le soir, Jésus vient de partager le dernier repas avec ses disciples, quand "Judas, l’un des Douze, arriva et avec lui une foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres, les scribes et les anciens" (Marc 14.43). Après l’arrestation de Jésus, l’évangile raconte que Judas, pris de remords, a rendu l’argent qu’il a gagné pour prix de sa forfaiture et a mis fin à ses jours ... Toujours est-il que dans le langage courant, "Judas" est devenu synonyme de traître, d’espion. Et justement, c’est ainsi que l’on nomme la petite ouverture percée dans la porte d’un appartement, et qui "trahit" la présence d’un visiteur sur le seuil de la porte, en permettant à l’habitant des lieux d’espionner ce qui se passe sur son palier !

63)- Ne pas changer d’un iota (Matthieu 5.17-18)
C’est une expression que seul un helléniste peut comprendre ! Dans l’alphabet grec, le iota est la neuvième lettre, comme le "i" chez nous. C’est aussi la plus petite, celle "qui s’écrit d’un seul trait". Ne pas changer même un iota dans un texte, c’est en conserver l’intégralité, jusque dans les moindres détails. Or c’est ce que Jésus, dans son sermon sur la montagne, préconise à ses amis : Ne pas changer un seul iota, une seule virgule, aux commandements de l’Ancien Testament : "Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise" (Matthieu 5.17-18) pour les chrétiens le texte doit être conservé au iota près, mais il faut comprendre l’esprit de la loi pour l’appliquer correctement. Le christianisme ne prône pas une application littéraliste de la Bible.

64)- Prendre sous son aile (Psaumes 91)
Au sens figuré, cela consiste à veiller sur une personne. Dans la Bible, le sens est similaire. On le retrouve dans le Psaumes 91, connu pour invoquer la protection de Dieu sur ses enfants. Au verset 4, David déclame : "Il te couvrira de ses ailes et tu trouveras un refuge sous son plumage". Ce passage fait référence à l’Eternel qui prend soin de ses fils et filles.

65)- La chair est faible (Matthieu 26.11)
L'expression "La chair est faible" provient du Nouveau Testament, précisément de l'Evangile de Matthieu 26.41. Dans le contexte biblique Jésus souligne la vulnérabilité humaine face à la tentation et l'importance de rester spirituellement vigilants. Cette phrase est souvent utilisée de nos jours pour exprimer la fragilité de notre nature humaine, nos corps sont susceptibles d'être attirés par les plaisirs terrestres plutôt que par la volonté de Dieu. Elle rappelle l'importance de la discipline spirituelle et de la résistance aux tentations de la vie quotidienne.

66)- Tendre l'autre joue (Matthieu 5.38-42)
L'expression "Tendre l'autre joue" trouve son origine dans les paroles de Jésus dans le Nouveau Testament en Matthieu 5.38 à 42. Jésus y enseigne la notion de pardon et de la non-violence en encourageant ses disciples à ne pas répondre au mal par le mal mais à être prêts à supporter l'injustice. Cette expression utilisée de nos jours pour promouvoir la tolérance, la patience et la résistance pacifique face aux difficultés. Elle incite à réagir avec compréhension et amour, plutôt que par la vengeance ou la violence, inspirant ainsi un comportement empreint de compassion et de respect envers autrui.

67)- Prêcher dans le désert (Matthieu 3.1-3 - Ezéchiel 2.5-7)
L'expression "Prêcher dans le désert" trouve son origine dans les Evangiles, notamment dans Matthieu 3.1-3. C'est là que Jean-Baptiste est décrit entrain de prêcher dans le désert de Judée. Un autre exemple dans la Bible où l'idée de prêcher dans une situation difficile est présente se trouve dans le livre d'Ezéchiel 2.5-7, Dieu envoie le prophète Ezéchiel  avec un message difficile à un peuple rebelle. Cette expression est utilisée de nos jours pour décrire une situation où quelqu'un parle ou agit sans être entendu ou compris souvent en référence à des efforts qui semblent bien vains ou inutiles. Elle symbolise le fait de partager un message important mais sans récepteurs attentifs ou compréhensifs.

68)- Mon heure n'est pas encore venue (Jean 2.4 - 7.6 - 7.30 - 8.20 - 12.23)
L'expression "Mon heure n'est pas encore venue" se trouve dans l'épisode des Noces de Cana où Jésus transforme l'eau en vin lorsque sa mère lui signale que le vin manque (Jean 2.4). Cette phrase illustre l'importance du temps parfait dans le plan divin où chaque évènement se déroule selon la sagesse de Dieu. Aujourd'hui elle nous enseigne à patienter avec foi, à discerner le moment juste pour agir et à accepter les étapes de notre vie avec sérénité. Elle nous rappelle aussi que l'Amour divin agit toujours au bon moment pour révéler sa gloire et nous guider vers un avenir rempli de paix et d'espérance.

69)- Bâtir sur le roc (Matthieu 7.24-2)
... Et son contraire : Bâtir sur le sable. Jésus utilise une parabole pour souligner l'importance de mettre en pratique ses enseignements. Construire sur le roc signifie vivre selon les principes et les valeurs qu'Il a enseignés. Le roc représente une fondation solide et fiable symbolisant l'obéissance et la mise en œuvre des enseignements de Jésus. En revanche, le sable représente l'ignorance ou le refus de suivre ces enseignements, ce qui mène à une vie instable et à la ruine spirituelle. Ces métaphores sont encore utilisées aujourd'hui pour illustrer l'importance des bases solides dans toute entreprise ou décision majeure.

70)- Le jugement de Salomon (1 Rois 3.9 - 3.16-2 - 3.25 - 3.27)
Le jugement de Salomon illustre une sagesse divine capable de discerner la vérité au delà des apparences. Salomon ayant demandé à Dieu un cœur attentif, fait ici preuve d'une intelligence à la fois pratique et profonde sur la nature humaine. Aujourd'hui cette expression est utilisée pour désigner une situation particulièrement juste dans des situations complexes. Ce récit nous rappelle que l'amour véritable, celui qui se donne pleinement pour l'autre, incarne la plus haute justice et la clé de toute paix authentique.

Expressions tirées de l’Ancien Testament

Du récit de la Création dans la Genèse, déjà, notre langage a tiré des expressions : De être en tenue d’Ève ou d’Adam (pour respectivement une femme ou un homme dévêtus), à fruit défendu (pour tout ce qui attire du fait d’être interdit), ou pomme d’Adam (pour désigner familièrement la saillie dans la face antérieure du cou chez l’homme), jusqu’au jardin d’Éden pour un lieu paradisiaque.

Mais notre langage courant fait aussi référence à maints d’autres passages des premiers livres de la Bible. Une période de vaches maigres : Dans la Genèse, chapitre 41, Pharaon fait le songe de sept vaches "efflanquées, très laides d’aspect et maigres de chair" montant du Nil derrière "sept vaches grasses de chair et belles d’aspect", qu’elles dévorent.

Joseph lui interprète ce songe comme l’annonce par Dieu de sept années de grande abondance suivies de sept années de dure famine, qui feront oublier toute l’abondance du pays d’Égypte. Pour les économistes, ce passage offre une première illustration des cycles conjoncturels, où alternent croissance et récession. Plus largement, l’expression rappelle qu’une situation de vaches maigres est provisoire et peut être suivie à nouveau de vaches grasses.

Un colosse aux pieds d’argile. Autre songe d’un puissant interprété par un autre prophète juif. Ici Daniel, dans le livre de la Bible portant son nom, interprète la vision du roi Nabuchodonosor d’une "grande statue, extrêmement brillante", dont la "tête était d’or fin" mais dont les pieds sont "partie fer et partie argile"» et donc ne tiendront pas ensemble, "de même que le fer ne se mêle pas à l’argile". Une fatalité à laquelle ne peut échapper la statue, dont l’apparence puissante est donc trompeuse.

C’est aussi de la Bible que vient la mise en garde de ne pas mettre le pot de terre avec le pot de fer (Ecclésiaste 13.2), comparaison que reprendra en fable La Fontaine.

Baisser les bras : On oublie que cette expression courante pour signifier un renoncement après l’effort provient du combat de Moïse, "le bâton de Dieu à la main", avec Amaleq, dans Exode 17 : "Lorsque Moïse tenait ses mains levées, Israël l’emportait, et quand il les laissait retomber, Amaleq l’emportait". Les mains de Moïse s’alourdissent au point qu’il faut les lui soutenir pour ne pas qu’il les baisse. Et ainsi "jusqu’au coucher du soleil".

D’autres dictons bien connus sont extraits directement d’épisodes de l’Ancien Testament : Oeil pour œil, dent pour dent, selon la fameuse loi du talion, un jugement de Salomon, en rappel de la dispute entre deux femmes pour un enfant que règle le roi Salomon, à qui Dieu vient de donner en soi l’intelligence du cœur (1 Rois 3).

C’est ce même sage Salomon que tente d’éprouver en vain une souveraine d’un royaume du sud-ouest de la péninsule arabique, la reine de Saba (1 Rois 10), d’où vient l’expression se prendre pour la reine de Saba appliquée à une personne qui se croit importante. Pauvre comme Job, en souvenir de cet homme que Dieu prive en un jour de sa famille et ses biens avant de le faire souffrir. Pour un plat de lentilles (Genèse 25.29-34) fait référence au potage de lentilles préparé par Jacob et qu’avale son frère aîné Ésaü, acceptant, tant il est exténué, de lui vendre son droit d’aînesse.

Enfin, des épisodes comme la tour de Babel dans la Genèse, celui des dix plaies d’Égypte dans l’Exode, suivi de la traversée du désert pour la terre promise sont devenus autant d’images employées couramment.

Expressions tirées du Nouveau Testament

Du Vade retro lancé à Pierre, à tendre l’autre joue (Matthieu 5.38-42) quand on vous frappe la droite, de jeter la pierre (Jean 8.5-11) contre la femme adultère à rendre à César ce qui est à César (Luc 20.26) pour ne pas le confondre avec le culte rendu à Dieu et à chaque jour suffit sa peine (Matthieu 6.34) sans s’inquiéter du lendemain ou encore nul n’est prophète en son pays, comme en fait l’expérience Jésus de retour dans son village de Nazareth : Maintes paroles prêtées directement au Christ forment de célèbres adages.

De même source mais moins souvent citée, cette mise en garde de Jésus, reprise dans les trois Évangiles synoptiques, après sa rencontre avec un homme riche refusant de vendre tous ses biens : Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. C’est toute la difficulté d’emprunter la porte étroite, la seule qui conduit au Royaume.

D’autres expressions sont tirées des paraboles qu’emploie Jésus pour enseigner : Le bon Samaritain (Luc 10.29-37), la brebis égarée (Luc 15.4-7) suivie du retour de l’enfant prodigue (Luc 15.11-32) pour lequel il faut tuer le veau gras.

De Matthieu 13.24-30 vient le besoin de séparer le bon grain de l’ivraie, non sans avoir auparavant laissé l’un et l’autre croître ensemble jusqu’à la moisson. Et en Matthieu 20.1-16, la parabole des ouvriers envoyés à la vigne, où les ouvriers de la onzième heure touchent au soir le même salaire que ceux embauchés au point du jour.

Sans provenir mot pour mot des Évangiles, d’autres locutions populaires, héritage chrétien oblige, ont leur origine dans différents épisodes de la vie de Jésus : Crier sur les toits, selon la recommandation de Jésus à ses douze disciples : "Ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits". 

Ne pas être treize à table, en souvenir du dernier repas du Christ avec les Douze. S’en laver les mains, en imitation du comportement devant la foule de Ponce Pilate (Matthieu 27.24), qui décline ainsi toute responsabilité sur la condamnation du Nazaréen. Pleurer comme une Madeleine, à l’instar de Marie, du petit village de Magdala, pleurant devant le tombeau vide au matin de la Résurrection. Trouver son chemin de Damas, c’est-à-dire la vérité, et se convertir, tel le futur apôtre Paul, dans les Actes des Apôtres, approchant cette ville et se trouvant soudain enveloppé de lumière au point de tomber à terre. 

Gaëlle Deprez - Ministère A Cœur Ouvert 

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